Livrons-nous

Avec l'envie de faire de la place aux mots...

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12 novembre 2011

L'inspiration.

"Il me faut un point de départ, ne serait-ce qu'un grain de poussière ou un éclat de lumière. Cette forme me procure une série de choses, une chose faisant naître une autre chose. Ainsi un bout de fil peut-il me déclencher un monde." (Miro)

"Mon inspiration peut venir de n'importe quoi : un livre, un film, un tableau, une conversation, une phrase entendue. Après je prends des livres, je les regarde, je trouve des choses, je fais une synthèse et je construis mon histoire. L'idée de base est souvent un éclair, un flash." (Hugo Pratt)

15 août 2011

Naïveté.

"J'ai la naïveté de l'enfant. Je découvre le monde chaque matin en me levant."

9 août 2011

Expérience extraordinaire.

Moi qui croyais que les vacances estivales nécessitaient des expériences exceptionnelles pour mériter leur nom : la lecture intégrale de "La Recherche" de Proust, un voyage lointain et un peu dangereux, la décision de rester chez soi pour entreprendre le projet de toute une vie... je me trompais lourdement! Il suffisait en fait de s'occuper de ses pieds. Oui, très bêtement de décider que finalement, ses petits pieds considérés comme laids et à délaisser méritaient une véritable attention de quelques minutes. Il n'y avait qu'à les enduire d'un produit appelé "masque" pour les voir se modifier, devenir plus épanouis, peut-être même reconnaissants.
Pourquoi ne pas l'avoir fait avant ?
Je ne sais que dire.

11 juillet 2011

Le médiocre agréable ou l'anti-exaltation.

Un film italien plus que moyen, téléphoné, comme on dit; moi qui ne suis en général pas très forte pour anticiper au cinéma, là j'avais à la fois le temps de pleurer et de savoir ce qui allait se passer. Eh oui, parce que c'était assez médiocre mais j'avais envie quand même d'être émue. (Par souci de maintenir le mythe italien, je n'indiquerai pas le titre).
Même la pizza du retour était moyenne, mais très agréable à manger.
Comme quoi, parfois, un peu de médiocrité fait du bien.

9 juillet 2011

A méditer.

"Nous ne savions pas que nous vivions ici, dans cet immeuble mal isolé mal insonorisé mal foutu, dans cette banlieue quelconque et donc merdique parmi toutes les banlieues quelconques et merdiques, les plus belles années de notre vie, nous n'avions pas idée que c'était là, dans nos soixante mètres carrés, avec nos deux enfants dans la même chambre, qui cohabitaient avec des lits superposés et un volet qui fermait mal, oui c'était là que nous étions au plus doux de notre parcours, mais comme nous l'ignorions, nous n'avons profité de rien, nous nous sommes contentés de nous plaindre, de nous inventer des souffrances que nous croyions réelles, nous avons gâché ce qui ne reviendra peut-être pas. Aujourd'hui que j'ai compris cela, je ne sais comment me pardonner, comment accepter d'avoir ainsi dilapidé ce qui était précieux. Mais nous imaginions que la vie se déroulait selon une ligne droite et que l'avenir serait forcément meilleur, nous pensions que la vie s'améliorait au fur et à mesure, c'est ce que nous observions autour de nous, chacun attendait ce qui allait le libérer, nous pensions que le bonheur était une conquête, une promesse, qu'il arrivait après une suite d'empêchements, après une série d'obstacles, une succession d'espoirs. Il manquait au départ toujours quelque chose, il manquait une voiture, un diplôme, un amour, un enfant, un appartement, un travail, un jardin, il manquait de l'argent, la vie n'était que manque mais le temps allait tout résoudre, allait tout construire, tout simplifier."

Brigitte Giraud, Pas d'inquiétude

8 juillet 2011

Photographie.

"La photo identifie les événements. Elle exalte les faits et les rend mémorables." (Susan Sontag)

"On a parfois l'impression que les photos ne servent à rien. Il faut les faire quand même." (Jane Evelyn Atwood)

14 juin 2011

Imposture.

On peut parfois, par manque de confiance, se sentir un imposteur. Et si les autres avaient commis une erreur en croyant qu'on était capable d'assumer ce travail ? S'il y avait confusion sur la personne ? Le doute.
Puis on rentre chez soi et on visionne le film L'adversaire de Nicole Garcia, adaptation du livre d'Emmanuel Carrère.
Finalement on se sent à sa place!

9 juin 2011

Lettre de vacances.

Saint-Cyr sur mer, le 15 juillet 2011.

Monsieur le Directeur de la maison des examens,

Je sais que les résultats du baccalauréat de français ont été publiés depuis plus d'une semaine mais je n'ai pas osé vous écrire avant. Bien sûr, j'ai reçu vos cinquante quatre appels téléphoniques, vos trente deux mails ainsi que vos deux lettres, dont l'une en recommandé et j'imagine votre colère puisque je n'ai répondu à aucune de ces sollicitations. Eh bien oui! il est temps que je l'avoue : j'ai bel et bien perdu les cinquante trois copies du bac de français de l'épreuve 2011. Oui, le temps est magnifique, l'eau est à une température idéale et ce, depuis le 9 juin...euh, depuis deux jours, excusez-moi! En revanche, je tiens à affirmer que je ne suis pas responsable pour la candidate égorgée au beau milieu de son oral, alors qu'elle s'écriait (d'après ce que l'on m'a raconté, je n'étais pas présente, bien sûr!), alors qu'elle s'écriait : "Maupassant est bien un écrivain du Moyen Âge, oui, Madame, je maintiens ma réponse!" Il paraît que la professeure, spécialiste des romans réalistes du XIXème siècle, n'a pas supporté, ses nerfs ont lâché, ses gestes ont dépassé ses intentions... Bon, revenons à mes cinquante trois copies. Je tiens tout de suite à préciser (car des bruits totalement faux courent déjà à ce sujet : je les avais corrigées, toutes, sans exception). D'ailleurs, "perdu" n'est pas vraiment le mot : on me les a volées! Croyez-en ma parole, Monsieur le Directeur. Certains affirment que j'ai voulu partir en vacances plus tôt: ce sont des racontars, jamais je n'aurais fait une chose pareille.
Bon, quoi qu'il en soit, je ne peux pas faire grand chose pour réparer ce vol. Dites-moi simplement si je suis mise à la porte ou si je dois faire la rentrée en septembre : je voudrais juste savoir si je prolonge ma location de vacances.
Respectueusement,
M.C.

5 juin 2011

Simple toux ou réalité de la littérature ?

On dira que je divague mais c'est depuis que j'ai fini de lire La dame aux camélias d'Alexandre Dumas qu'une toux persistante ne m'a pas lâchée! (si ma famille lit ce texte, tout va bien, n'appelez pas SOS médecins, s'il vous plaît).
Les gens diront ensuite que la littérature n'a rien à voir avec la vie...
Je vais peut-être attendre avant de commencer Moby Dick...

4 juin 2011

Navet réellement évocateur!

J'ai été étonnée de constater que cette histoire de navets avait déclenché plusieurs réactions autour de moi. Qui aurait dit que des navets nous parleraient autant ? (Je confesse d'ailleurs avoir rangé le dernier dans un ramequin... qui est toujours au frigo).
Histoire authentique rapportée par ma mère: nouvellement arrivée à Auch avec sa famille, alors qu'elle avait douze ans, sa mère va au marché et s'arrête devant un étal tenu par des paysannes vendant des produits de leur jardin; elle entend alors devant trois navets : "ces navets sont durs comme l'âme d'un juif!" Ces femmes n'avaient sûrement pas vu un seul juif dans le Gers, mais...
De l'antisémitisme bête au couscous bienfaisant, voilà le parcours du navet.

2 juin 2011

Peau d'âne.

Moi qui pensais détester les films musicaux, je me suis laissée charmer par Peau d'âne (1970) de Jacques Demy. Il faut dire que je m'étais pas mal ennuyée devant les 2h15 de Mary Poppins (1964) - vu en français, ce qui n'a pas dû arranger les choses...- et j'étais donc plus que préparée!
Couleurs vives éblouissantes : formidables, les chevaux rouges! Les robes que le roi fait fabriquer pour sa fille sont une idée très poétique : la robe couleur du temps, la robe couleur de lune, la robe couleur du soleil! Et le résultat a presque réveillé en moi un goût des beaux chiffons...
J'ai aimé le contraste entre l'amour inconditionnel de la princesse pour son père (qu'elle serait prête à épouser, "il est si gentil!" se désole Catherine Deneuve...) et l'impertinence spirituelle de sa marraine (pétillante Delphine Seyrig).
Les quelques anachronismes (les piles, l'hélicoptère) sont amusants sans être lourds.

1 juin 2011

Sagesse.

Au terme d'une journée aussi fatigante et agitée, j'ai envie de revenir sur un principe du yoga : la neutralité responsable. Cette notion, découverte l'an dernier, m'avait beaucoup parlé et elle reste un idéal à atteindre. Elle ne signifie pas l'absence d'action mais l'absence de jugement des erreurs des autres. Exemple simple : je suis dans un taxi, il me reste peu de temps pour rejoindre l'aéroport et prendre mon avion, le chauffeur s'engage sur un chemin que je sais plus embouteillé en raison de travaux; il peut être plus efficace de lui indiquer avec détermination la route à prendre, sans émettre de jugement. Comme toujours au yoga, partir du simple pour aller vers le plus complexe, ou plutôt : partir du simple permet tout bonnement de simplifier le complexe, parfois!

31 mai 2011

Puissance évocatrice du navet.

Par souci de ne pas gaspiller, je me contrains à faire cuire les quelques navets présents dans le panier de fruits et légumes bio de la semaine dernière; pour me convaincre que ce sera formidable, je vais lire sur internet les vertus de ce légume et j'apprends même que l'eau dans laquelle ont cuit ces merveilleux légumes soigne les maux de gorge, bref, que du bon!
Surprise : la forte odeur lors de la cuisson me transporte l'espace d'un instant dans la cuisine de mon enfance, pendant la préparation du couscous par ma mère.

"Sauvegarder la mémoire de tous et de chacun" : c'est en ces termes que Christian Boltanski définit le but de son travail artistique. Et ce pourrait être mon but si je créais aussi! Tâche vertigineuse, folle, mais si désirable...

30 mai 2011

Malade.

C'est toujours quand on se retrouve plus ou moins forcé à rester chez soi, malade, qu'on prend ou reprend des grandes décisions. Il ne faut pas non plus être trop malade : un rhume suffisamment pesant pour avoir mal à la tête et utiliser dix mouchoirs en l'espace de dix minutes, mais pour qu'après une sieste, il soit quand même possible de lire quelques lignes d'un roman, ou de se vautrer devant un film ou un documentaire. La grande décision est volontairement toute petite : écrire quelques lignes chaque jour, et les publier sur ce blog. Sans but précis.

29 mai 2011

Libri.

Ho trovato in una piccola e stupenda libreria a Roma questo libro, pubblicato inizialmente nel 1963 e ripubblicato oggi : "Supplemento al dizionario italiano" di Bruno Munari, o come capire i gesti tipicamente italiani. Tutte le spiegazioni (brevi) sono in italiano ma anche in inglese, francese e tedesco.

8 mai 2011

Club lecture n°23. A venir...

Livre proposé par Maëva. Pique-nique lecture au Parc Montsouris.
Le livre des nuits de Sylvie Germain.

7 mai 2011

Club lecture n°22.

Livre proposé par Pascale. Soirée chez Muriel et Sabry.
Atelier 62 de Martine Sonnet

16 mars 2011

Mots détestés

- achalander
- bégueule
- clamser
- évangélique (dans l'expression "d'une simplicité évangélique")
- un grumeau
- la protase
- un raout

15 mars 2011

Mots aimés

- le marivaudage
- la mise en abyme
- ad libitum
- l'introspection
- la nitescence
- l'ouvroir
- un palimpseste
- à vau-l'eau

5 mars 2011

Club lecture n°21.

Livre proposé par Luis. Soirée chez Stéphane.
Le Llano en flammes de Juan Rulfo.

Des nouvelles qu'on pourrait finir par confondre mais qui marquent par la force de leur atmosphère : entre les romans siciliens de Giovanni Verga, les westerns spaghettis de Sergio Leone, et les films de Mizoguchi... De la chaleur, de la poussière, des dialogues de personnages taiseux, de la mort et des crimes en tous genres.

Art de la nouvelle ou incapacité à développer ce type d'histoire sur la longueur ? Allons lire peut-être l'unique roman de Juan Rulfo, Pedro Paramo, pour savoir ce qu'il en est...

Une écriture en adéquation avec le fond, concise et efficace, globalement plaisante à lire, même si un peu de lassitude s'installe parfois en cours de lecture.

Un livre de qualité qui nous demande peut-être de ne pas être trop bavards...

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