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Avec l'envie de faire de la place aux mots...

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Chaque jour

Comme un rite ou une discipline, comme un plaisir ou une contrainte, chaque jour, écrire.

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30 décembre 2015

Attente.

Attendre un lendemain meilleur.
Attendre que quelque chose survienne.
Laisser juste le temps passer, en fait.
Faire, faire, faire, qu'au moins le temps n'ait pas été peuplé de vides.

27 décembre 2015

L'illusion du millefeuille.

J'ai longtemps cru ou on m'a longtemps fait croire que les souvenirs s'empileraient sagement dans mon esprit comme un ensemble de strates bien ordonnées et tranquilles, consultables à loisir.
Evidemment il n'en est rien ! Au mieux, quelques images, comme des éclairs, à peine aperçues déjà évanouies.
Tout ceci est trop lacunaire, tout échappe.
Je le savais, au fond, moi qui ai toujours chéri les textes littéraires évoquant les traces et la mémoire, mais j'ai fait comme si...

16 juillet 2012

Tout me va.

Prendre le bus permet parfois d'entendre de drôles de phrases, pour le moins étonnantes : "Tout me va et je me réveille comme je me suis couchée."
J'aurais pu me pincer pour vérifier si ce n'était pas un yogi réputé qui se tenait là assis à quelques mètres de moi. Mais non, il s'agissait en fait d'une mamie toulousaine qui conversait avec une copine à elle, sûrement une autre mamie toulousaine. La phrase m'a clouée sur place, et j'ai ensuite suivi toute leur conversation, en quête d'une autre pépite. Ce fut la seule, mais elle suffisait à remplir ma journée.
Analyse.
Ma première compréhension de la phrase fut : je me contente de ce que j'ai, je m'adapte à toute situation et mon humeur est égale, le matin comme le soir, j'ai atteint l'ataraxie décrite par les sages antiques.
Ce soir, avec le recul, et avec un brin de mauvais esprit, je me dis qu'on pourrait aussi comprendre : je ne cherche jamais à obtenir plus ou mieux que ce que j'ai déjà (donc, en quelque sorte, je manque d'ambition); mon état étant le même au début et à la fin de la journée, je n'ai pas progressé.
La profondeur de la mamie toulousaine me séduit davantage ; j'opte pour la première interprétation.

9 juillet 2012

Listes.

C'est une folie, c'est une manie, c'est un fantasme et une torture.
Je pourrais passer ma vie à rédiger des listes. Le temps aidant, elles pourraient acquérir la légèreté de l'insouciance. Perdre leur valeur d'obligation, leur poids culpabilisant (pas fait! réveille-toi, enfin!).
La liste porte en elle l'infini des possibles, supporte la brièveté comme la longueur déraisonnable.
Les listes maniaques s'écrivent dans le désordre, avant qu'un discret numéro ne vienne semer un peu de raison.
Les listes plaisantes n'énumèrent que le superflu et leur calligraphie rappelle l'ardoise noire de la salle de classe du CE2, modèle de majuscules établi à demeure contre les fenêtres vitrées du couloir.
La vieille liste, recopiée autant de fois que le volontarisme a refait surface, porteuse de ce que j'ai le moins envie au monde de faire.
La liste des invités d'un événement qui, parfois, n'a pas lieu, mais qui reste virtuellement profondément désirable.
La liste, évidemment, des livres à lire : la plus terrible et la plus excitante!

17 juin 2012

Pépite.

Si chaque jour je trouve une pépite, alors chaque jour vaut la peine d'être vécu.
Sur les chemins ordinaires, pas facile de trouver des pépites.
Alors je sème moi-même du plomb et j'attends les miracles de l'alchimie.
Parfois ça marche.

9 août 2011

Expérience extraordinaire.

Moi qui croyais que les vacances estivales nécessitaient des expériences exceptionnelles pour mériter leur nom : la lecture intégrale de "La Recherche" de Proust, un voyage lointain et un peu dangereux, la décision de rester chez soi pour entreprendre le projet de toute une vie... je me trompais lourdement! Il suffisait en fait de s'occuper de ses pieds. Oui, très bêtement de décider que finalement, ses petits pieds considérés comme laids et à délaisser méritaient une véritable attention de quelques minutes. Il n'y avait qu'à les enduire d'un produit appelé "masque" pour les voir se modifier, devenir plus épanouis, peut-être même reconnaissants.
Pourquoi ne pas l'avoir fait avant ?
Je ne sais que dire.

11 juillet 2011

Le médiocre agréable ou l'anti-exaltation.

Un film italien plus que moyen, téléphoné, comme on dit; moi qui ne suis en général pas très forte pour anticiper au cinéma, là j'avais à la fois le temps de pleurer et de savoir ce qui allait se passer. Eh oui, parce que c'était assez médiocre mais j'avais envie quand même d'être émue. (Par souci de maintenir le mythe italien, je n'indiquerai pas le titre).
Même la pizza du retour était moyenne, mais très agréable à manger.
Comme quoi, parfois, un peu de médiocrité fait du bien.

14 juin 2011

Imposture.

On peut parfois, par manque de confiance, se sentir un imposteur. Et si les autres avaient commis une erreur en croyant qu'on était capable d'assumer ce travail ? S'il y avait confusion sur la personne ? Le doute.
Puis on rentre chez soi et on visionne le film L'adversaire de Nicole Garcia, adaptation du livre d'Emmanuel Carrère.
Finalement on se sent à sa place!

5 juin 2011

Simple toux ou réalité de la littérature ?

On dira que je divague mais c'est depuis que j'ai fini de lire La dame aux camélias d'Alexandre Dumas qu'une toux persistante ne m'a pas lâchée! (si ma famille lit ce texte, tout va bien, n'appelez pas SOS médecins, s'il vous plaît).
Les gens diront ensuite que la littérature n'a rien à voir avec la vie...
Je vais peut-être attendre avant de commencer Moby Dick...

4 juin 2011

Navet réellement évocateur!

J'ai été étonnée de constater que cette histoire de navets avait déclenché plusieurs réactions autour de moi. Qui aurait dit que des navets nous parleraient autant ? (Je confesse d'ailleurs avoir rangé le dernier dans un ramequin... qui est toujours au frigo).
Histoire authentique rapportée par ma mère: nouvellement arrivée à Auch avec sa famille, alors qu'elle avait douze ans, sa mère va au marché et s'arrête devant un étal tenu par des paysannes vendant des produits de leur jardin; elle entend alors devant trois navets : "ces navets sont durs comme l'âme d'un juif!" Ces femmes n'avaient sûrement pas vu un seul juif dans le Gers, mais...
De l'antisémitisme bête au couscous bienfaisant, voilà le parcours du navet.

1 juin 2011

Sagesse.

Au terme d'une journée aussi fatigante et agitée, j'ai envie de revenir sur un principe du yoga : la neutralité responsable. Cette notion, découverte l'an dernier, m'avait beaucoup parlé et elle reste un idéal à atteindre. Elle ne signifie pas l'absence d'action mais l'absence de jugement des erreurs des autres. Exemple simple : je suis dans un taxi, il me reste peu de temps pour rejoindre l'aéroport et prendre mon avion, le chauffeur s'engage sur un chemin que je sais plus embouteillé en raison de travaux; il peut être plus efficace de lui indiquer avec détermination la route à prendre, sans émettre de jugement. Comme toujours au yoga, partir du simple pour aller vers le plus complexe, ou plutôt : partir du simple permet tout bonnement de simplifier le complexe, parfois!

31 mai 2011

Puissance évocatrice du navet.

Par souci de ne pas gaspiller, je me contrains à faire cuire les quelques navets présents dans le panier de fruits et légumes bio de la semaine dernière; pour me convaincre que ce sera formidable, je vais lire sur internet les vertus de ce légume et j'apprends même que l'eau dans laquelle ont cuit ces merveilleux légumes soigne les maux de gorge, bref, que du bon!
Surprise : la forte odeur lors de la cuisson me transporte l'espace d'un instant dans la cuisine de mon enfance, pendant la préparation du couscous par ma mère.

"Sauvegarder la mémoire de tous et de chacun" : c'est en ces termes que Christian Boltanski définit le but de son travail artistique. Et ce pourrait être mon but si je créais aussi! Tâche vertigineuse, folle, mais si désirable...

30 mai 2011

Malade.

C'est toujours quand on se retrouve plus ou moins forcé à rester chez soi, malade, qu'on prend ou reprend des grandes décisions. Il ne faut pas non plus être trop malade : un rhume suffisamment pesant pour avoir mal à la tête et utiliser dix mouchoirs en l'espace de dix minutes, mais pour qu'après une sieste, il soit quand même possible de lire quelques lignes d'un roman, ou de se vautrer devant un film ou un documentaire. La grande décision est volontairement toute petite : écrire quelques lignes chaque jour, et les publier sur ce blog. Sans but précis.